Ce qu’on sait de la rentrée scolaire du 18 mai 2020

Le retour à l’école, sur la base du volontariat, s’organise sous hautes précautions sanitaires. Quelques éléments de la présentation du plan de reprise faite lundi par la ministre aux élus de la commission de l’éducation.

Le monde de l’éducation s’organise pour la reprise du 18 mai au fenua. Après deux mois, jour pour jour, d’interruption de l’activité des établissements scolaires, les écoles, collèges et lycées du public et du privé doivent rouvrir lundi, avec d’importantes précautions sanitaires. 
Sens de circulations, portes de classes maintenues ouvertes jusqu’à l’arrivée de tous les élèves, interdiction pour toute personne extérieure de pénétrer dans l’enceinte scolaire, horaires de pause décalés pour limiter la circulation des élèves dans les couloirs, etc. : le fonctionnement des établissements scolaires est entièrement repensé pour que cette rentrée ne soit pas synonyme de nouvelle propagation du coronavirus. Et pour ce faire, les établissements feront l’objet de désinfections assidues : quotidienne, après les cours ; plusieurs fois par jour pour les zones fréquemment touchées ; systématique, à chaque transfert pour le matériel pédagogique et lors de son rangement. Des procédures de sensibilisation régulières aux gestes barrières seront en outre dispensées aux élèves.

Pour cette rentrée, on sait que la présence des élèves se fera sur la base du volontariat des familles. Pour celles qui souhaitent poursuivre l’école à la maison, le dispositif de la continuité pédagogique reste en vigueur avec maintien d’un contact assuré deux fois par semaine par les enseignants.

Concernant les volontaires, la version finalisée du protocole sanitaire applicable pour les cinq semaines restantes de l’année 2019-2020 a été présenté lundi en fin de matinée aux élus de la commission de l’éducation de l’assemblée. Cet exposé répond à une demande de la présidente de cette instance législative, Minarii Galenon, pour qui “il est tout à fait normal que les membres de cette commission soient au courant”. Une présentation de plus d’une heure et demie, faite par la ministre de l’Education Christelle Lehartel et le directeur de la Direction des enseignements et de l’éducation Thierry Delmas. 

Cette information doit être précisée lors conférence de presse donnée ce mardi par Christelle Lehartel. La ministre de l’éducation doit y détailler le cadre général qui guide les principes de cette reprise de l’école le 18 mai et son mode organisationnel et pédagogique. 

Seuls les SG en maternelle

Lundi 4 mai, un projet en cours de finalisation avait déjà reçu l’aval des syndicats enseignants et des associations de parents d’élèves. 
Seul bémol pour l’Unsa et la Fapeep, la pertinence d’une rentrée dans les petites classes de maternelles. Une réponse est apportée à cette inquiétude. Dans le premier degré, seuls les enfants des grandes sections de maternelles sont invités à reprendre le chemin de l’école. Cette mesure permet en effet de libérer des salles de classe pour mettre en œuvre un élément clé du dispositif sanitaire en maternelle, comme dans l’enseignement primaire et secondaire : le respect de la distanciation entre élèves. 

Dans le premier et le second degré, un seuil de 50% de la capacité d’accueil des salles de classe a été décidé pour limiter l’effectif accueilli simultanément, avec une limite fixée entre 12 à 15 élèves selon la surface et l’aménagement des salles. Ce seuil est abaissé à 10 enfants pour les élèves de grandes sections en maternelle. 

Dans les écoles primaires, les collèges et lycées, les cours seront assurés en classes décalées par groupe et en alternance, sur la base d’un jour sur deux. Tous les niveaux d’élèves devront être vus dans la semaine. L’organisation du planning et sa communication aux familles est confiée aux chefs d’établissements en relation avec leur personnel enseignant.

“Il y a des enfants qui ont besoin de retourner à l’école”

S’il garantit une distanciation en classe, ce dispositif de cours en classes décalées prend aussi en compte une problématique liée aux transports en commun. La capacité d’accueil des bus scolaires est en effet également limitée à 50%, avec un aménagement précis des cabines pour limiter les contacts entre élèves. Il est prévu de mettre en circulation l’intégralité des bus dédiés au transport scolaire selon les horaires d’ouverture et de fermeture connus, pour garantir le ramassage de tous les élèves concernés pour le retour à l’école.

Toujours avec un souci de distanciation, une organisation des temps de restauration doit être planifiée dans les établissements de manière à limiter les files d’attente, avec marquage au sol et sens de circulation unique. Le cas échéant, la restauration scolaire pourra exceptionnellement se faire dans les salles de classe.

Durant les périodes d’alternance, pour les parents dans l’incapacité de s’occuper de leurs enfants pour raison professionnelle, une collaboration entre le ministère de l’Education et les centres de loisir sans hébergement communaux est envisagée pour assurer l’accueil des élèves.
Pour l’heure, “on laisse la liberté aux parents de choisir si les enfants reprennent le 18 mai ou pas”, explique Minarii Galenon. “C’est vrai qu’il s’agit d’une durée scolaire très courte, avant la fin de l’année. Mais il y a des enfants qui ont besoin de retourner à l’école, soit en raison de problèmes sociaux, familiaux ou autres. Pour les aider à avoir une vie sociale dans les écoles et à être nourris”. Outre cet aspect social, pour beaucoup de parents, cela apporte aussi plus de souplesse pour espérer retrouver une activité professionnelle normale.