Le Président Edouard Fritch a remis l’ordre de Tahiti Nui à 8 récipiendaires

A l’occasion de la célébration du 29 juin, aux Jardins de Paofai, le Président Edouard Fritch a remis l’ordre de Tahiti Nui à 8 récipiendaires.

Mgr Hubert Coppenrath a été élevé au rang d’officier de l’ordre de Tahiti Nui, et sept personnes ont été élevées au rang de chevalier : l’architecte Rodolphe Weinmann, Marcel Doom, John Mairai, Jean-Pierre Cheung Sen, Marama Tarati, Etienne Raapoto et  Axel Lichtle.

Hubert Coppenrath,

Vous êtes né le 18 octobre 1930, à Papeete. Vous êtes dès janvier 1959, nommé vicaire à la cathédrale de Papeete, puis en même temps, à compter du mois de février, quasi-curé d’Arue. Vous êtes également ensuite Directeur de l’Enseignement catholique de 1961 à 1971, nommé curé de la Cathédrale en décembre 1967, et directeur de l’Ecole des katekita de 1970 à 1997.

En tant que directeur de l’enseignement catholique, vous avez suivi et mené à bien les projets de constructions scolaires à Saint Hilaire et Notre Dame des Anges à Faaa, à Farimata, et à l’école de la Mission à Papeete.

Vous avez également mené à bien le projet de construction du Foyer du Bon Pasteur.

Désigné pour faire partie de l’Académie tahitienne, qui se réunit pour la première fois le 2 juillet 1974, vous faites partie des membres fondateurs de cette académie et vous êtes également le président de la commission de la langue tahitienne pour la traduction. Vous avez aussi rédigé avec Paul Prévost une « Grammaire approfondie de la langue tahitienne », qui a été publiée en mai 1975.

Vous avez notamment œuvré pour la promotion de la langue tahitienne auprès des katekitas et des diacres. Votre connaissance du Reo Tahiti vous a en effet permis de donner des cours à l’école des katekitas et des diacres en langue tahitienne et de donner également des cours de tahitien aux séminaristes du grand séminaire Ra’anu’u nâ te vârua. Votre but était alors de permettre aux futurs prêtres et animateurs d’avoir une meilleure connaissance du Tahitien pour que, dans la fidélité aux textes originaux, les prières et les liturgies soient davantage accessibles à la compréhension de tous les fidèles.

C’est dans ce même esprit que vous avez traduit le Nouveau Testament en Tahitien. Cette traduction, au terme d’un long et précieux travail, a été éditée en 1989. Vous avez également traduit en tahitien le Missel Romain qui sera imprimé en juillet 1999. Puis, en 2016, vous avez aussi entrepris la traduction du livre des psaumes qui a été achevée trois ans plus tard, en 2019.

Vos qualités humaines d’écoute, de compassion et de main tendue vers autrui, sont unaniment reconnues. Comme archevêque de Papeete, vous avez ainsi été appelé à jouer un rôle de médiateur lors de conflits qui troublèrent le Pays dans les années 2005. Aujourd’hui archevêque émérite de Papeete, vous avez fait été chevalier chevalier de l’ordre national du mérite en avril 1979, ainsi que chevalier de la Légion d’honneur en juin 2003.

Pour votre inlassable labeur et votre œuvre pleine de générosité, tant pour la vie spirituelle que pour la promotion et le rayonnement du Reo Tahiti, j’ai donc l’honneur de vous élever, mon cher Hubert, au rang d’officier de l’Ordre de Tahiti Nui.


Monsieur Rodolphe WEINMANN,

Vous êtes est né le 4 mars 1936, à Bouxwiller, dans le Bas-Rhin, en France. Vous obtenez votre diplôme d’architecte en 1959, à l’âge de 23 ans, et êtes inscrit à l’Ordre des architectes de France en 1960, puis à l’Ordre des architectes de Polynésie française, et ce jusqu’en 2009.

De 1960 à 1961, vous effectuez votre service militaire en Algérie et à Madagascar en tant qu’officier de réserve du Génie. Un an plus tard, vous devenez architecte dans une agence à Paris tout en poursuivant des études de droit immobilier.

Mais votre carrière d’architecte, vous l’avez véritablement bâtie en Polynésie. Arrivé en 1963 à Tahiti, vous travaillez d’abord pour le compte de la SETIL à Papeete. Vous n’avez, depuis, eu de cesse de mettre vos compétences d’architecte au service de la population, notamment pour la construction de plusieurs bâtiments visibles encore aujourd’hui, tels que la mairie de Papeete, l’Office des postes et télécommunications de Papeete ou encore les Palais de justice de Papeete, d’Uturoa et d’Atunoa aux Marquises, ou encore le Bâtiment administratif A1 à Papeete, et la piscine olympique de Tipaerui.

Vous avez également été à l’initiative de certains bâtiments scolaires publics et privés comme l’école primaire et maternelle de Pamatai, l’école du lagon bleu, l’internat du lycée professionel d’Uturoa et du collège de Ua Pou, ou bien encore le lycée polyvalent Samuel Raapoto à Arue, et les annexes du collège lycée La Mennais. Vous avez aussi participé à la reconstruction de plusieurs immeubles dans la zone urbaine de Papeete, comme le centre commercial Terema à Pirae, ou le centre commercial et l’immeuble de la SCI Moux en plein cœur de Papeete.

Vous avez également été à l’initiative de la rénovation et de la construction de plusieurs hôtels comme Le Mandarin à Papeete ou le relais Mahana à Huahine. Vous avez aussi été l’architecte conseil pour la construction des hôtels Beachcomber à Tahiti et du Huahine Beachhôtel.

Votre expérience dans le bâtiment vous a d’ailleurs valu d’être nommé expert près de la cour d’appel de Papeete (expert en bâtiment, incendie, et estimations foncières) de 1970 à 2012.

Votre travail et vos compétences ont déjà été reconnus par les plus hautes instances françaises, ce qui vous a valu d’être décoré de plusieurs médailles nationales. Vous avez ainsi été fait chevalier de l’Ordre des Palmes académiques en 2000, et chevalier en 1994, puis officier neuf ans plus tard, de l’Ordre national du mérite.

Aussi, aujourd’hui et au regard de tout ce que vous avez accompli, j’ai l’honneur de vous élever, mon cher Rodolphe, au rang de Chevalier de l’Ordre de Tahiti Nui.


Marcel Doom,

Vous êtes né le le 30 juin 1937 à Papeete. Vous êtes le fils de Léon Teriiteata Doom et de Marguerite Ella Vahinemoea Parker. Ce couple a eu 7 enfants et vous êtes le cinquième de ces enfants.

Le 1er octobre 1957, à l’âge de 20 ans, vous effectue votre service militaire. Vous êtes d’abord soldat de 2ème classe, puis vous êtes très rapidement nommé au grade de caporal le 1er mars 1958.

Cette première expérience vous pousse à continuer dans une carrière militaire.

Vous entrez ainsi dans le corps des auxiliaires de la gendarmerie en octobre 1958.

Vous passez près de quatre années dans la gendarmerie nationale, en étant au contact de la population, au quotidien. Vous êtes en poste notamment dans l’archipel des Australes, sur l’île de Rurutu. Puis, vous décidez de vous engager dans une autre voie. Vous quittez ainsi la gendarmerie le 1er septembre 1962. Pendant deux années, de 1962 à 1964, vous travaillez ensuite au service de l’Equipement.

C’est lors de votre affectation à Rurutu, alors que vous êtes encore dans la gendarmerie, que vous allez vous convertir à l’Eglise adventiste. Vous êtes ainsi baptisé, au sein de l’Eglise adventiste, le 16 janvier 1962, par le pasteur Charles Doom, votre oncle.

Vous entrez par la suite dans le ministère pastoral le 1er octobre 1964.

Vous êtes, cette même année, évangéliste à Rurutu, et ce jusqu’en octobre 1966. Vous êtes ensuite rappelé à Tahiti en tant que comptable à la trésorerie, au siège de la Mission adventiste, d’octobre 1966 jusqu’en 1974, puis vous êtes consacré au ministère pastoral cette même année.

Désireux de vous perfectionner dans vos connaissances religieuses, vous suivez alors des études théologiques en France, au séminaire adventiste de Collonges, de 1975 à 1977. A votre retour de France, vous devenez ensuite, de 1979 à 1984, le pasteur adventiste responsable des congrégations des Australes, regroupant les églises de Avera et Hauti, à Rurutu, et de Tubuai et Raivavae.

Après ces années d’engagement, lors du comité de l’Assemblée générale de l’Union Central Pacific Union Mission (CPUM), l’instance dirigeante de adventistes dans le Pacifique, basée à l’époque à Suva, à Fidji, vous êtes nommé, en 1984, président de la Mission adventiste de la Polynésie française.

Vous êtes particulièrement apprécié dans ces fonctions où vous vous engagez pleinement, et vous êtes ainsi reconduit, en 1990, par le même comité, aux fonctions de président de la Mission adventiste de la Polynésie française, et ce jusqu’en 1996. A la fin de votre mandature, à l’âge de 60 ans, vous prenez donc une retraite bien méritée, tout en continuant à oeuvrer dans des instances des adventistes relatives à la santé. Vous totalisez donc une trentaine d’années dans le service pastoral et 13 années de présidence à la tête de l’Eglise adventiste en Polynésie française.

Dans sa vie professionnelle d’abord, puis aussi et surtout dans le cadre de votre activités au sein de l’Eglise adventiste du 7ème jour, pendant plusieurs décennies, vous avez toujours fait en sorte d’être au service d’autrui, d’aider votre prochain, en consolant les affligés, en soulageant les misérables et en relevant les abattus, ce que vous continuez toujours à faire de nos jours. Pour l’ensemble de votre oeuvre, j’ai donc l’honneur de vous élever, cher Marcel, au rang de chevalier de l’Ordre de Tahiti Nui.


John Mairai,

Vous êtes né le 28 novembre 1945 à Papeete. Après des études en Beaux-arts à l’université Graceland dans l’Iowa, aux Etats-Unis, vous vous êtes brillamment illustré dans le monde de la culture.

Vous êtes ainsi devenu un animateur et un producteur d’émissions culturelles, sur l’histoire et le patrimoine de notre Fenua, sur l’apprentissage du Reo Tahiti, et avez également longtemps exercé en tant que chroniqueur des quotidiens locaux pour tous les événements touchant aux arts traditionnels.

Aujourd’hui âgé de 74 ans, vous êtes actuellement professeur de ‘orero et de culture et civilisation océanienne au conservatoire artistique de la Polynésie française. Vous y enseignez les éléments fondamentaux du patrimoine culturel polynésien aux élèves du Te Fare Upa Rau.

Amoureux de la scène, vous êtes connu en tant que créateur, acteur et directeur de la compagnie « Le théâtre de l’Aube – Teata Maruao ». Vous êtes également reconnu par vos pairs comme l’un des grands fondateurs et animateurs du théâtre en langue tahitienne, le combat de toute votre vie, que vous avez mené aux côtés de Henri Hiro notamment. Vous avez toujours considéré que la culture polynésienne pouvait et devait vivre sur scène, et que les jeunes générations devaient se l’approprier pour porter et transmettre notre culture.

En 1987, vous avez ainsi créé Maro Putoto, une adaptation en tahitien de Macbeth de Shakespeare. L’année suivante, vous avez présenté une comédie au Festival des arts de Townsville. La pièce « Te Manu Tane », notamment, en 1992, une adaptation du Bourgeois gentilhomme, de Molière, en Reo Tahiti, a mis en valeur outre vos connaissances des subtilités du reo tahiti, votre profond sens de l’humour avec cette manière, inégalable, d’évoquer les situations de la vie polynésienne. Puis, en 2012, il y a également eu la réalisation au Grand théâtre de la Maison de la Culture de la pièce Tavi roi et la loi, avec un texte et une mise en scène de vous-même, une tragédie inspirée des Mémoires de la Rein Marau.

Acteur au cinéma et comédien de théâtre, vous avez donc réalisé de magnifiques spectacles en tant que metteur en scène, tentant à chaque fois que vous le pouviez de créer des passerelles inédites, originales et inattendues entre les cultures. Le Conservatoire, notamment, vous doit la mise en scène, en 2015, du spectacle, “Tamau”, au cours duquel l’orchestre symphonique du CAPF et l’orchestre traditionnel de l’établissement ont interprété ensemble le célèbre Bolero de Ravel, dansé en même temps par les élèves de haut niveau de Te Fare Upa Rau. Vous avez également pour le gala de fin d’année du Conservatoire, place To’ata, en 2019, créé le spectacle, « Tu Makinokino », illustrant de manière magistrale, avec 800 élèves, la destinée du premier de la lignée royale
des Pomare.

Enfin, vous êtes également connu et reconnu, John Tapu Mairai, comme l’un des meilleurs auteurs en Reo Tahiti au Heiva i Tahiti. Vous avez ainsi été six fois lauréat de ce concours pour l’écriture de spectacles, qui sont autant de créations originales, avec le groupe Tahiti Ora notamment.

Vous avez donc œuvré, sans relâche durant près de 50 ans, pour le rayonnement de la culture polynésienne et de son patrimoine dans le Pacifique, et au dela, et vous êtes ainsi est un des grands noms de la culture polynésienne et du spectacle vivant. Pour l’ensemble de votre œuvre, j’ai donc l’honneur de vous élever, cher John, au rang de chevalier de l’Ordre de Tahiti Nui.


Monsieur Jean-Pierre Cheung Sen,

Vous êtes né le 11 février 1950, à Papeete. Vous avez grandi à la presqu’île et avez fait votre scolarité à l’école primaire à Pueu, puis votre classe de 6ème au lycée de Taravao.

A l’âge de 17 ans, vous rejoignez votre mère Naomi Tinitua, native de Huahine et marutaitai dans le groupe de danse de Pueu conduit par Stella Lehartel. Dès lors, votre vocation de danseur et votre amour pour la culture polynésienne vous sont alors révélés.

Pendant environ dix années, Pueu ne participait plus au Heiva. Vous êtes celui qui, dans les années 80, a organisé le retour et conduit la troupe de Pueu au Heiva. Vous avez été à l’origine de la création d’un groupe de « himene » pour participer au Heiva. Et le travail accompli a été reconnu et récompensé : en 2007, vous remportez le 2ème prix Himene Ruau et, en 2009, vous obtenez la consécration en remportant le 1er prix Tarava et le 2ème prix Ruau.

Les prix remportés pour ces participations au concours du Heiva permettront d’engager les travaux nécessaires à la rénovation de la salle paroissiale de Pueu, pour laquelle vous oeuvrez en tant que président de l’association paroissiale du comité des fêtes Tiona de Pueu. Le district de Papeari vous a aussi sollicité et vous avez accepté là aussi de transmettre généreusement votre savoir-faire. Au Heiva, Papeari a ainsi remporté le 1er prix Himene Ruau, le 3ème prix Tarava et le 1er prix Ute arearea.

Outre vos talents de danseur, puis de chef de groupe, vous êtes également un compositeur talentueux. Les nombreux prix remportés par vos formations au Heiva en attestent. L’inspiration pour vos compositions vient de votre vécu mais aussi, bien sûr, de l’histoire de Pueu. Vous êtes donc, en résumé, une véritable figure de la culture polynésienne et du Heiva. Votre grande connaissance de la culture polynésienne vous a d’ailleurs valu d’être membre du jury pour les éditions du Heiva en 2011, 2012, 2013, 2014 et 2018.

Pour l’ensemble de votre œuvre, au service de notre belle culture, j’ai l’honneur de vous élever, mon cher Jean-Pierre, au rang de Chevalier de l’Ordre de Tahiti Nui.


Monsieur Marama TARATI,

Vous êtes né le 4 avril 1951 à Raiatea. Issu d’une famille modeste, vous êtes le huitième d’une fratrie de 14 enfants. Vos parents étaient cultivateurs mais vous avez grandi auprès de vos parents adoptifs, Teaue Ahupu et Piirai Haapii à Tahiti. Dès votre plus jeune âge, vous aidiez aux besoins de la famille, notamment en allant sillonner les rivages de Tahiti en quête de meilleurs poissons pour la vente.

En parallèle, vous poursuivez vos études dans le secondaire jusqu’à obtenir votre baccalauréat, diplôme que vous obtiendrez à Raiatea où vous rencontrez également votre future épouse. Votre union sera célébrée le 13 avril 1974 à Punaauia. De votre union naîtront 5 enfants dont des jumelles, Tatiana et Yasmina, les aînées, suivront ensuite Mahonry, Christine et Laetitia, et vous êtes aujourd’hui aussi les heureux grands-parents de 24 petits-enfants.

Avec votre épouse Christiane, vous êtes le premier couple polynésien véritablement spécialisé dans l’éducation. Votre parcours dans l’enseignement a déjà été salué, puisqu’en 1997, vous avez été fait Chevalier dans l’Ordre National des Palmes Académiques.

En 1974, alors que vous n’avez que 23 ans, vous occupez en effet déjà un poste de directeur d’école à Fareatai. Vous allez y enseigner pendant 3 ans, avec votre épouse, jusqu’en 1977. Désireux d’apprendre davantage, vous partez ensuite en France, à Nice, avec votre épouse afin de vous spécialiser. Vous revenez avec votre Certificat d’Aptitude à l’Enfance et l’Adolescence Inadaptés. Vous obtenez également votre DDEEAS, Diplôme de Directeur d’Etablissements d’Enseignement et d’Aptitude Spécialisés.

De retour au fenua, vous devenez secrétaire général de l’éducation spéciale en Polynésie française de 1986 à 1991. Par la suite, de 1992 à 2005, vous dirigerez la SEGPA au collège de Punaauia, où vous êtes là aussi venu en aide aux enfants en déficience intellectuelle. Après quoi vous avez pris votre retraite du corps éducatif national. Vous avez clôturé en beauté cette page de votre vie avec une note de 20 sur 20 lors de votre dernière inspection pédagogique.

En parallèle de ce dévouement au métier d’enseignement, vous avez également eu une vie spirituelle bien remplie. Vous avez en effet rejoint, dès l’âge de 25 ans, l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.

Vous êtes particulièrement touché par la visite du prophète Hinckley en Polynésie en mars 1976. Puis, en 1989, vous devenez l’évêque de la paroisse de Punaauia, laquelle regroupait Punaauia et Faa’a et, vous avez été président du pieu de Paea, de 1995 à 2002. Président de la Mission de 2005 à 2008, vous êtes membre de 2009 à 2015 du collège des 70 en portant le nom d’Elder Tarati. Porte-parole de l’Eglise de Jésus Christ des saints des derniers jours en Polynésie française, vous êtes également messager de cette église pour le Pacifique.

Homme de conviction et de cœur, vous avez donc toujours œuvré avec détermination et passion dans tous vos projets qu’ils soient professionnels, personnels ou familiaux. Vous ne ménagez aucun effort pour servir votre prochain et apporter la solution la plus adaptée aux défis rencontrés.

Pour votre engagement tant dans le monde de l’éducation que dans la vie spirituelle, j’ai donc l’honneur de vous élever, mon cher Marama, au rang de Chevalier de l’Ordre de Tahiti Nui.


Monsieur Etienne Raapoto,

Vous êtes né le 19 mars 1951, à Papeete. Vous êtes d’abord scolarisé à l’Ecole primaire protestante, puis au collège des garçons Charles Viénot.

Vous serez aussi scolarisé pendant quelques mois en Haute-Savoie, pour des raisons de santé, avant de revenir au collège Viénot.

Votre père Samuel Raapoto est le fondateur et le premier président de l’église évangélique de Polynésie française. Naturellement, à l’âge de 17 ans, votre père vous envoie donc à Lausanne, puis à Genève, pour être instructeur à la formation de personnel d’encadrement éducatif et d’animation, avant de vous envoyer à Strasbourg, pour suivre des cours de théologie, à l’instar de vos frères, Jean-Marius, Christian et Turo Raapoto.

Vous revenez à Tahiti avec un diplôme d’instructeur en poche. Vous allez former ainsi les personnels d’encadrement à l’animation auprès du CPCV, le Comité Protestant de Centres de Vacances, des CEMEA, les Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Éducation Active, et de la Maison des jeunes et de la culture de Paofai.

En 1976, vous prenez la direction de la Maison des jeunes et de la culture de la commune de la commune de Pirae. Vous allez occuper ce poste jusqu’en 1983. Pendant ce temps, un certain Marc
Maamaatuaiahutapu Tevane vous pousse à faire des piges pour RFO.

Vous entrez ainsi à RFO en 1983, devenez le premier journaliste bilingue français/tahitien et, l’année d’après, vous présentez le premier journal télévisé en Reo Tahiti. Vous devenez ainsi une figure emblématique du paysage audiovisuel de Polynésie française tout en étant un ardent défenseur de la langue tahitienne. Vous contribuez à la programmation d’émissions grand-format à l’antenne centrées sur la Polynésie et les Polynésiens, leur mode de vie et leur langue. On vous doit notamment la création des émissions Haumanava, Ha’amana’o na, Fare Ma’ohi et Tahi, Rua, Toru, qui ont toutes apporté un vent de fraîcheur et beaucoup de connaissances sur la culture polynésienne. Votre serez aussi envoyé en Guadeloupe durant 3 ans et accédez au poste de grand reporter.

Vous avez pris votre retraite en 2016, mais vous êtes toujours très sollicité pour vos qualités d’animateur par les associations et les artistes.

C’est ainsi qu’en 2017 vous avez prêté votre voix à la sonorisation du dictionnaire de l’Académie tahitienne – Fare vanaa et que, l’année suivante, vous avez fait partie de l’équipe de traduction du film Moana, également avec votre épouse Denise. Vous restez un poète, un auteur compositeur cultivant l’expression particulière du pat’auta’u et un homme de théâtre.

D’une grande discrétion, vous partagez avec vos frères Jean-Marius et Turo Raapoto, ainsi qu’avec votre épouse Denise Raapoto, membre de l’Académie tahitienne, cette passion pour la culture polynésienne. Et vous avez aussi hérité du verbe de votre père, Samuel Raapoto, qui était un grand orateur.

Pour l’ensemble de votre œuvre, dans l’audiovisuel notamment, au service de la culture polynésienne, j’ai l’honneur de vous élever, mon cher Etienne, au rang de chevalier de l’Ordre de Tahiti Nui.


Axel Lichtle,

Vous êtes né le 16 juillet 1957, à Atuona, sur l’île d’Hiva Oa. Vous passez les premières années de votre vie aux Marquises mais à l’âge de 7 ans vous emménagez à Teahupoo, suivant ainsi votre père, qui y est nommé directeur d’école. Vous faites votre scolarité à Tahiti, notamment au Lycée Paul Gauguin, puis au Taaone, avant de partir un an à Carcassonne, pour finaliser une formation dans la branche électrotechnique.

Vous démarrez votre carrière professionnelle en tant que technicien à la mairie de Pirae, entre 1980 et 1982, où je suis votre supérieur hiérarchique, en tant que chef de travaux. Entre 1982 et 1984, vous êtes technicien d’exploitation pour la radio libre « Radio Tahiti Api ». Vous intégrez ensuite l’Institut de la Communication Audiovisuelle, l’ICA, où vous serez successivement, de 1984 à 2003, preneur de son, puis caméraman et pour finir monteur réalisateur.

Au sein de TNTV, depuis 2003, vous y obtenez le titre de grand reporter.

C’est une belle reconnaissance de votre travail. Avec plus de 250 reportages et émissions à votre actif, vous avez constitué une précieuse mémoire audiovisuelle de la Polynésie. Avec plus de 60 îles visitées, vous disposez d’images rares sur notre patrimoine culturel.

Vous avez sillonné notre cher Fenua, mais aussi de nombreuses îles du Pacifique, Tonga, Fidji, ou les Salomon. Par vos reportages, vous permettez aux Polynésiens de découvrir des modes de vie, des paysages, la faune et la flore des îles, qui sont souvent peu connus du grand public. Vous avez également réalisé des reportages à l’occasion des déplacements officiels en Polynésie du Premier ministre fidjien, du roi des Tonga ou encore du Président de la République Jacques Chirac.

Deux de vos films ont été sélectionnés au Festival International du Film Ornithologique de Menigoute, en France, et quatre au Festival des Peuples Autochtones à Montréal, au Canada. Reconnu par les équipes de production étrangères, vous êtes le seul polynésien à intégrer le tournage de l’émission « Survivor » en 2001, à Nuku Hiva. En 2015, vous avez également travaillé pour l’émission « Explorers Network », avec des tournages dans les archipels. Vous avez eu aussi l’idée d’organiser le record du monde du plus grand nombre de joueurs de ukulele. Pour ce projet, le soutien de TNTV nous a permis de battre ce record en 2015.

Ce travail extraordinaire est la résultante de vos qualités professionnelles, mais aussi de vos qualités humaines. Vous maîtrisez quatre langues (le Français, le Marquisien, le Tahitien et l’Anglais), ce qui facilite les échanges, notamment dans les îles. Vous êtes une personne sociable, ce qui vous aide à réaliser des tournages dans les endroits les plus reculés de notre beau Pays. Votre capacité d’adaptation à des conditions de tournage difficiles est grande. Votre polyvalence vous a souvent fait partir seul, laissant votre famille pendant de longues semaines parfois.

La rencontre avec le commandant Cousteau aux Marquises dans les années 80, a été un élément déclencheur pour partir à l’aventure, et montrer la beauté de notre flore et notre faune. Votre grand-père maternel, qui était botaniste et entomologiste, vous a aussi fait aimer la nature. Il a répertorié un grand nombre de plantes et d’insectes des Marquises et une plante endémique de cet archipel porte son nom : le « Lebronnecia ». Tout son travail est consigné dans des écrits jusqu’aux îles Hawaii au Bishop Museum.

Pour ce formidable travail audiovisuel mettant en valeur notre culture et notre environnement, j’ai donc l’honneur de vous élever, cher Axel, au rang de chevalier de l’Ordre de Tahiti Nui.