Fermeture des frontières: la ministre du Tourisme réunit l'industrie touristique

La ministre du Tourisme, Nicole Bouteau, a réuni, jeudi, l’industrie touristique suite aux récentes décisions du gouvernement national de nouvelles restrictions de voyage vers la Polynésie française à compter du 3 février compte tenu de l’évolution de la situation sanitaire mondiale.

Les nouvelles conditions de voyage en transport aérien au départ et à destination de la Polynésie française restreignent strictement tous les déplacements de personnes non fondés sur un motif impérieux d’ordre personnel ou familial, un motif de santé relevant de l’urgence ou un motif professionnel ne pouvant être différé.

Il s’agissait pour la ministre de rencontrer les professionnels du secteur pour échanger sur ce nouveau coup dur pour l’industrie touristique très fortement touchée par la crise sanitaire. Le secteur comptait sur une reprise affirmée en 2021, notamment grâce aux reports de réservations de l’année précédente. La fermeture des frontières à tous les déplacements ayant pour motif une activité touristique plonge à nouveau ce secteur dans de grandes difficultés.

Organisée en présentiel et en visio-conférence, cette rencontre a réuni plus de 70 représentants de l’ensemble des secteurs du tourisme polynésien.

L’Etat participait également à cette rencontre représenté par Cécile Zaplana, Secrétaire générale adjointe du haut-commissariat de la République, qui était accompagnée du Directeur des finances publiques, Daniel Casabianca et du Directeur de l’Institut d’Émission d’Outre-Mer en Polynésie, Fabrice Dufresne.

Mobilisé dès les premières annonces faites au niveau national, le Président a immédiatement réuni son gouvernement pour évaluer les impacts de cette quasi-fermeture des frontières et prendre les mesures afin d’y faire face.

Après être revenue sur la situation sanitaire de la Polynésie qui semble se stabiliser, Nicole Bouteau a décliné les mesures économiques en matière de sauvegarde des entreprises et des emplois prises par le Pays qui font l’objet non seulement d’un renforcement, d’améliorations, mais également de moyens budgétaires supplémentaires de plus de 8 milliards Fcfp. Elle a également confirmé que les dispositifs exceptionnels de sauvegarde des emplois que sont le DIESE et le DESETI seront prolongés jusqu’au 30 juin 2021.

Ces premières mesures seront présentées à l’adoption de l’Assemblée de la Polynésie française mobilisée en urgence à l’occasion d’une session extraordinaire qui s’ouvre le 18 février prochain. Le gouvernement est par ailleurs toujours en travaux depuis mercredi dans le cadre d’un séminaire sur le plan de relance 2021-2023, dont les premières priorités sont de préserver, de s’adapter compte tenu de cette deuxième vague qui vient frapper l’économie polynésienne, tout en préparant le rebond nécessaire.

Les représentants des services de l’Etat ont quant à eux présenté le dispositif national exceptionnel de subventions et de garanties dont les entreprises polynésiennes bénéficient. A ce jour, plus de 9 milliards de Fcfp ont été versés aux acteurs du territoire au titre des différents dispositifs de soutien.

Par ailleurs, 869 entreprises bénéficient d’un prêt garanti par l’Etat auprès d’une des banques de la place, représentant un encours de 52,3 milliards Fcfp. L’Etat prolonge le dispositif du PGE jusqu’au 30 juin 2021. Ainsi, les entreprises qui ont contracté un PGE et qui voyaient arriver en mars 2021 la première échéance de remboursement, pourront différer leur paiement d’un an et donc commencer à rembourser leur crédit en mars 2022. Ces dispositifs, toujours d’application, vont être complétés et renforcés. Ces nouvelles mesures, en cours de finalisation, seront présentées dans les prochains jours.

Compte tenu de l’impossibilité d’accueillir des touristes durant les prochaines semaines, Nicole Bouteau a réaffirmé la volonté du Pays d’une réouverture sous deux mois, ce délai ne pouvant excéder 3 mois compte tenu des impacts économiques et sociaux. Cette période permettra d’intensifier le dépistage, de programme de vaccination et de renforcer les moyens en service d’urgence et de réanimation au CHPF (Centre hospitalier de la Polynésie française).

L’objectif est également de développer la consommation intérieure afin de soutenir et stimuler l’économie par un allègement des restrictions notamment en matière de couvre-feu. En matière de tourisme intérieur, en plus de la prolongation d’une semaine du salon du tourisme à distance au 13 février, la ministre a annoncé la mise en place très rapidement d’un dispositif de chèques voyages  « Tīteti ’Āi’a » destinés aux résidents.

Cette réunion a été l’occasion d’un véritable échange entre pouvoirs publics et professionnels du secteur qui ont pu exprimer leurs craintes et difficultés. Ils ont abordé de manière précise leurs besoins immédiats, ceux-ci concernant principalement la réassurance du soutien du Pays en matière de soutien aux entreprises et aux emplois mais aussi la garantie d’un soutien accru de l’Etat par le biais du fonds de solidarité, les entreprises n’ayant plus les capacités d’emprunter davantage pour supporter leurs besoins en trésorerie.

La ministre a également annoncé son déplacement la semaine prochaine à Bora Bora afin de rencontrer la municipalité et les professionnels de l’île particulièrement impactés pas la crise sanitaire.