Visite des structures du programme Rori-aqua: une filière prometteuse

Le Vice-président et ministre de l’Economie bleue, Tearii Te Moana Alpha, a visité, mardi, la première écloserie de rori titi installée à Vaiaro où les premières pontes ont été constatées.

Les holothuries à mamelles blanches et noires (Holothuria fuscogilva et Holothuria whitmaei), connues sous les noms de rori titi ‘uo ‘uo et rori titi ‘ere ‘ere sont les principales espèces pêchées en Polynésie française et font, depuis 2012, l’objet d’une réglementation en matière d’exploitation: ouverture temporaire à la pêche, quotas et zones définies, mise en place d’un comité local avec un système de traçabilité.

Soucieuse de renforcer sa réglementation et d’inscrire pleinement cette pêche dans une démarche d’exploitation durable, la Direction des ressources marines (DRM) va lancer plusieurs études sur le renouvellement des populations exploitées (données biologiques et écologiques). Les résultats obtenus participeront à une meilleure compréhension et protection de notre écosystème avec la possibilité d’un repeuplement de nos lagons.
En parallèle, la DRM développe un programme de production aquacole appelé Rori- Aqua. Ce projet porté par le Pays s’appuie sur une convention de collaboration avec un investisseur polynésien, Auguste Buluc, et sa société Tahiti Marine Products (TMP) sélectionnée après appel à projets. Ce programme collaboratif intègre également l’Ifremer qui accueille le projet sur le Centre Ifremer du Pacifique de Vairao, la commune de Taiarapu-Ouest et les pêcheurs.

Originaire des îles Sous-le-Vent et professionnel de la pêche, Auguste Buluc souhaite développer l’élevage de rori afin d’exploiter les propriétés de ces espèces dans la pharmacologie et la cosmétologie. L’objectif est, à terme, de proposer à l’export des produits développés en laboratoire sur la zone biomarine de Faratea. TMP compte aujourd’hui quatre employés (un biologiste spécialiste des rori, un technicien aquacole polynésien et deux aide-techniciens de Vairao), complétés par un appui du Pays avec deux CAE de Vairao.

Il s’agit pour cet investisseur privé d’un pari audacieux et courageux puisque cette filière est inexistante à ce jour en Polynésie française bien qu’elle s’annonce prometteuse au regard des premiers essais.

Mi-octobre, la DRM a en effet piloté, avec le soutien de ses partenaires, le prélèvement et la fécondation de rori titi ‘uo ‘uo. L’objectif de ce premier essai n’était pas la performance, mais l’observation de l’espèce pour une récolte espérée d’au moins 10 000 juvéniles afin de lancer des essais de nurserie. Par la suite, de nouvelles études devront être menées pour aider à résoudre les différentes étapes de la production jusqu’à l’exportation.

Le Pays soutient les initiatives en faveur d’activités à haute valeur ajoutée qui s’inscrivent dans une démarche de production aquacole durable, dans le respect des écosystèmes et de la biodiversité.