Présentation de la règlementation énergétique des bâtiments aux acteurs publics et privés

La démarche relative à la règlementation énergétique des bâtiments a été présentée, mardi, aux acteurs publics et privés, en présence du ministre des Finances, en charge de l’énergie, Yvonnick Raffin.

A l’instar de la majorité des territoires insulaires, la Polynésie française dépend pour grande part de l’extérieur pour satisfaire ses besoins énergétiques.

Dans un contexte mondial caractérisé par la raréfaction des ressources énergétiques fossiles et la croissance de la demande, et dans la perspective de lutter contre les effets du changement climatique via notamment la maîtrise des émissions de gaz à effet de serre, la Polynésie française s’est dotée en 2015 de son plan de transition énergétique.

Celui-ci s’articule autour de trois objectifs majeurs:

  • le développement des énergies renouvelables ;
  • la maitrise de la demande ;
  • et la maitrise du coût.

L’atteinte de ces objectifs implique de mieux consommer en réduisant notre consommation à base d’énergie fossile.

Et c’est dans cette perspective que la Polynésie française souhaite mettre en place une réglementation énergétique des bâtiments.

Pour ce faire, des travaux ont été menés entre 2016 et 2017, débouchant notamment sur l’accompagnement à la réalisation de projets pilotes dans le secteur de la construction scolaire.

Ainsi, l’école 2+2=4, à Punaauia, et celle de Papetoai, à Moorea, ont été construites dans le respect des règles de conception bioclimatique en milieu tropical.

Fort de ces premiers succès, le gouvernement a souhaité, dans une démarche participative, poursuivre ces travaux.

Pour ce faire, un groupement, composé d’architectes, d’ingénieurs et d’avocats, a été constitué afin d’accompagner le service en charge des énergies dans sa mission de concertation et d’élaboration du projet de texte.

Après une phase de diagnostic du secteur de la construction, au cours de laquelle les acteurs concernés ont été entendus, un projet de texte a été élaboré, lequel intègre une évaluation des impacts énergétiques, économiques, financiers et juridiques.

Ses principaux objectifs sont:

  • Limiter les apports de chaleurs dans les bâtiments pour réduire les besoins en climatisation et améliorer le confort thermique de leur occupants, rendu possible en :
    • isolant la toiture,
    • protégeant les baies et les murs
    • valorisant la ventilation naturelle ;
  • Répondre aux besoins d’eau chaude sanitaire à l’aide de panneaux solaires thermiques ;
  • Limiter la consommation énergétique des systèmes de climatisation. Sur ce point, il convient de noter que, depuis la création de l’Observatoire Polynésien de l’énergie en 2017, les données montrent que la climatisation représente en moyenne 50% des consommations d’électricité pour les bâtiments de bureaux et 70 % pour les salles de classe dans les écoles équipées.

Intégrant les contraintes et spécificités de la Polynésie, ce projet propose différentes typologies de bâtiments en fonction des archipels.

C’est le résultat de ce travail qui a été présenté mardi aux parties prenantes publiques et privées, soit plus d’une soixantaine de personnes.

Une fois enrichi des contributions de tout un chacun, ce projet de texte sera soumis au Conseil des ministres, dans la perspective d’un examen par l’Assemblée de Polynésie française dans le courant du second semestre 2021.